Editorial

 Ensemble (...)

Ensemble (...)

Une belle feuille de route pour "Vivre à Nans sous Sainte Anne"...

alain l.

                                                 

Publié par Vivranans

 

LA VIERGE du LIZON

                                                                                     VI

   Cependant l'été se passait sans que le mystère qui planait sur l'existence de Marie fut éclairci.

   Un jour, André reçut la visite du père Nodier.

   Le vieillard était pâle et tremblant. Une inquiétude poignante se lisait sur son visage. Il saisit les mains du jeune homme, puis l'étreignit dans ses bras en sanglotant.

   Je suis bien malheureux, dit-il, ô mon pauvre enfant. Après tous les chagrins de mon existence, je n'avais qu'une consolation dans ma vieillesse, c'était Marie, et maintenant elle en est devenue le tourment. Je n'avais qu'une pensée, qu'un espoir, qui était de vous unir... Et maintenant... je n'espère plus rien !

   André, aussi pâle et aussi tremblant que le vieillard, le fit asseoir, et domptant sa propre émotion, s'efforça de le calmer. Lorsqu'il y fut un peu parvenu.

   - Que s'est il donc passé? lui demanda-t-il, en dissimulant son angoisse.

   - André, dit alors le vieux instituteur, tu as dû remarquer, comme moi, depuis quelque temps, les bizarreries de caractère de ma petite-fille. J'ai pensé pourtant qu'elle t'aimait et je le crois encore, bien qu'elle semble te fuir. Je t'avais autorisé, tu le sais, à lui faire connaître tes propres sentiments pour elle. Moi-même, je l'ai dernièrement exhortée à t'épouser. Elle m'a répondu qu'elle ne voulait pas encore songer au mariage. En même temps, je la vois en proie à une exaltation fiévreuse à laquelle je ne comprends rien. Que se passe-t-il dans son âme, je l'ignore, et ce mystère me remplit d'effroi. Mais ce qui m'a le plus ému, ce qui m'a mis dans l'état où tu me vois, c'est une parole qu'elle a prononcée tout à l'heure et qui m'a percé le coeur comme un coup de poignard:

   - Bon père, m'a-t-elle dit, s'il fallait un jour nous séparer, ne soyez pas triste. André prendra soin de vous. Il sera votre fils et il vous aimera en mémoire de moi.

   Je l'ai conjurée au nom du ciel de m'expliquer sa pensée; elle m'a fermé la bouche en m'embrassant.


- Et vous n'avez pu obtenir d'elle aucune explication?


- Aucune ; et, cependant, je ne puis vivre dans cette torture. Si vous avez de l'affection pour moi, André, si vous aimez Marie, sauvez-la, sauvez nous tous deux. Je n'ai plus d'espoir qu'en vous et en la bonté de la Providence.

Après cette conversation, il fut convenu entre le père Nodier et le jeune homme que celui-ci userait de toute l'influence qu'il pouvait avoir sur la jeune fille pour la persuader de lui dire son secret ; la première chose à faire, avant de tenter de guérir un mal, étant de le connaître.

( le pommier de la Jeanne avec au fond le verger communal...)

 Début...)                                                                                                      (Suite...

 

 

La Vierge du Lison  lu par alain l.

Article publié le Vendredi 18 Mars 2022

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