Juin : Les mois en Franche Comté (...)
-
S'il pleut le jour de la Saint-Médard
Il pleuvra quarante jours plus tard...
Charles Beauquier a publié les "Les Mois en Franche-Comté" dans la Revue des Traditions, tout au long de 12 parutions, pour l'année 1899, de ce mensuel d'ethnologie.
L'Histoire de notre village est intimement liée à grand personnage et à son intervention à la Source du Lison:
/image%2F4319391%2F20221230%2Fob_3f6a58_beauquier.jpg)
Personnalité originale et puissante, Charles Beauquier a compris avant beaucoup d'autres l'importance pour notre vie quotidienne, de la défense de l'environnement et de la préservation de la ...
https://vivranans.info/2022/12/charles-beauquier-et-nans-sous-sainte-anne-legende-ou-realite.html
Nous poursuivons donc la publication au fil de cette année 2026 et de celle de 2027, des extraits choisis de ses "Mois de l'Année en Franche-Comté" avec aujourd'hui le mois de Juin :
En Franche-Comté on dit encore :
"S'il fait beau à l'heure où saint Barnabé s'est noyé, ce que saint Médard a fait, saint Barnabé le défait."
Du reste, si saint Barnabé manque à sa mission réparatrice, tout n'est pas perdu, il y a un autre saint qui, un peu plus tard remettra les choses en place :
S'il fait beau à la Saint-Gervais (19 juin),
Le temps se remet
Au sujet de saint Médard et de son pouvoir diluvien, il court une légende en Franche-Comté : on raconte qu'avant d'entrer dans les ordres et de devenir évêque, saint Médard était un simple faucheur. Mais il avait déjà su plaire au Seigneur comme on va le voir:
Un jour de Juin il loua ses bras à un propriétaire de campagne pour faucher des prés. À "la pique" du jour le maître le conduisit dans une prairie immense, si grande qu'on n'en voyait pas la fin et lui dit :
"- Tiens, mon garçon, voilà la besogne, tu as là du travail assuré pour plusieurs jours !
- Peuh ! dit saint Médard, j'en ai à peine pour ma journée. Si vous le voulez je faucherai en plus votre chenevière que j'ai vue en passant. "
Le maître se mit à rire de cette fanfaronnade qu'il prit pour une grosse plaisanterie.
Quand, vers 8 heures du matin, la fille de la ferme vint apporter le déjeuner à saint Médard, elle le trouva qui battait sa faux. Il n'avait pas encore commencé.
À midi, quand elle revint apporter à dîner au faucheur, il se préparait seulement à aiguiser sa faux.
" Eh bien ! en voilà un paresseux " pensa-t-elle, et elle raconta au maître du pré ce qu'elle avait vu.
Quand vint la collation de quatre heures, celui-ci suivit sa servante pour voir où en était son faucheur et pour lui laver la tête.
Saint Médard venait de mettre sa faux au pré.
" - Fainéant, gredin, propre à rien ! s'écria le maître ; est-ce ainsi que tu travailles ?
- Quoi donc, répondit tranquillement saint Médard, est-ce que le soleil est couché ? Calmez-vous, votre pré sera fauché avant la nuit et votre chenevière aussi ; l'herbe est plus facile à faucher qu'à récolter bien séchée. "
À la tombée de la nuit, saint Médard avait accompli sa double besogne. Mais aussitôt la pluie se mit à tomber, et quarante jours durant le foin ne put être rentré et pourrit sur place.
[...]


/image%2F4319391%2F20201018%2Fob_5eaaa9_regles-vie.png)