La Vierge du Lison...(7.1)

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LA VIERGE du LIZON

                                                                                     VII. (1)

C'était le soir d'une chaude journée de la fin d'août.

Un rideau de vapeur s'étendait sur le ciel, du côté des montagnes, et pas une brise n'agitait l'atmosphère. Les paysans, assis sur le seuil de leurs maisons se reposaient de leurs labeurs et levant de temps en temps les yeux du côté du couchant, ils se disaient entre eux: il fera de l'orage.

Sur le sentier qui conduit à la grotte Sarrazine, André et Marie marchaient l'un à côté de l'autre, lentement, tristement, la tête inclinée vers la terre. Ils marchaient perdus dans leurs pensées, insoucieux des nuances du ciel. On eût dit qu'il se passait dans leur âme un travail comparable à celui de la nature lorsqu'elle se recueille et concentre toutes ses forces aux approches de la tempête. On eût dit qu'ils avaient un pressentiment de malheur comme la nature semblait avoir celui d'une convulsion.

La jeune fille rompit enfin le silence.

- André, dit elle, j'ai voulu faire cette petite promenade avec vous parce que j'avais des choses importantes à vous dire. J'ai pensé qu'il était de mon devoir de vous expliquer le mystère que vous trouvez en moi, et que différer plus longtemps une explication eût été mal. Si je me suis tue jusqu'à ce jour c'est que je voulais réfléchir. Maintenant j'ai réfléchi, j'ai prié, et avec la grâce de Dieu, j'ai pris mon parti: vous allez le connaître.

Marie s'arrêta à ces mots pour reprendre haleine, car elle sentait toute son énergie l'abandonner au moment suprême où elle en avait le plus besoin.

- Vous savez, continua t-elle, que je ne jouis pas d'une santé robuste comme les autres jeunes filles du village. Quand j'étais tout enfant j'étais plus délicate encore. À l'âge de huit ans je fis une grave maladie. Ma mère, qui n'avait pas d'autre enfant que moi, était au désespoir. Le médecin me considérait comme perdue et n'avait pas cru devoir dissimuler ses appréhensions à mes parents. Dans sa douleur, et n'attendant plus rien que du ciel, ma mère fit un vœu. Elle invoqua la Vierge et lui promit de me consacrer à la vie religieuse si je guérissais. Je fus sauvée. Ma guérison fut un miracle. Lorsque ma mère fut sur le point de mourir, j'avais alors quatorze ans, elle m'appela auprès d'elle après avoir fait éloigner tout le monde. Elle me fit connaître alors le vœu qu'elle avait fait et me dit:

- Marie, si tu jouis du bienfait de l'existence c'est à la protection de la Vierge que tu le dois. Tu sais maintenant ce que je lui ai promis. Je regrette de ne pas vivre assez pour te voir acquitter ma dette de reconnaissance; mais néanmoins, je mourrai tranquille, dans la paix de Dieu, si tu me fais une promesse. Alors, prenant ma main dans la sienne: Jure moi, me dit elle, sur mon lit de mort, de te consacrer au service de Dieu lorsque tu auras dix-huit ans. Sois sûre, ma fille, que le sacrifice que je te demande n'est pas au-dessus de tes forces. La vie est remplie d'inquiétudes et de misères. Le couvent est un refuge. En y entrant, tu assureras, avec le repos de ton âme, ton bonheur pour l'éternité…
- Et vous avez juré? dit André d'une voix suffoquée

- Oui

[...]

La Vierge du Lison...(7.1)

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La Vierge du Lison  lu par alain l.

Article publié le Mardi 22 Janvier 2022...

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