" Ce sont les rêveurs qui font changer le monde, les autres n'ont pas le temps pour ça..." (Albert Camus)

Louis Pergaud à Nans sous Sainte Anne (4) ...

L'ÂGE ADULTE...

Lorsqu’en août de l’année 1900 Louis Pergaud, jeune normalien de dix-huit ans à Besançon , est invité par son ami Joseph Chenevez à Levier, il lutte contre la dépression nerveuse.
Son père Elie  et sa mère  Noémie sont morts à Fallerans à un mois d'intervalle (respectivement les et
 Ce double choc a fragilisé Louis au point  qu’il ne pense pas être capable d’écrire et encore moins de publier quoique ce soit, et de toute façon ses écrits n'ont retenu jusque là  l'attention de personne.
 
Mais à Levier, d’heureux souvenirs d’enfance lui reviennent en mémoire.
Et surtout, non loin de là se trouve Nans-sous-Sainte-Anne,  le village de ses sept et  huit  ans, alors son ami Joseph compte s’en servir pour lui remonter un peu le moral...
Il l'amène donc:
  • Flâner dans les rues de ce petit village industrieux abritant cinq usines, où des centaines d’ouvrières et d’ouvriers travaillent dur au rythme du Verneau et du Lison qui entraînent les grandes roues à aubes.
 

 

  • Revoir cette école, où ses parents logeaient au-dessus de la classe pour garçons, où les cris de ses camarades résonnent encore, où son papa d’instituteur avait en charge leur instruction.

 

 
A sept ans, parmi la bande hétéroclite des gosses  Nanais , Louis s’était placé sous la protection d’Eugène Chatot, le fils de la receveuse des postes du village de deux ans son ainé,  qui dira bien des années ensuite:
« Avec Louis, dans les bois et les champs de Nans-sous-Sainte-Anne, j’avais vécu quelques-unes des scènes de la guerre des boutons ».
 
Alors passer à Nans sans essayer de revoir son ami d'enfance est impossible pour Louis...
Mais Eugène est introuvable en ce mois d'août...

Une seule solution pour tromper le temps... descendre jusqu'à la Taillanderie pour aller rendre une petite visite aux amis Philibert qui habitent encore la Taillanderie...

 

 

Par bonheur Eugène est là aussi...
 
Écoutons maintenant Alexis Ponthus   (source de  la plus grande partie des éléments historiques de cet article...)  nous raconter à quel point cette journée a compté dans la vie ultérieure de Louis et de ses amis :
 
[...]
" Débuta alors une journée magique et historique, l’étincelle qui manquait au futur grand écrivain.
Voici notre Louis entouré par Joseph, son copain d'étude et, pour la première fois depuis 10 ans, par Eugène, les compères ne se quitteront plus.
Les vins locaux eurent vite fait d’installer au visage de Louis un large sourire désormais permanent et l’aidèrent à dominer sa timidité, à prendre une nouvelle confiance en lui.
C’est ici et ce jour là, dans l’âtre de la vieille taillanderie et parmi la vingtaine de convives réunis en banquet dans la cour que Louis pris son envol créatif.
 
La providence fit qu'Eugène présenta à Louis le poète déjà reconnu dans les milieux littéraires Léon Deubel.
Ce dernier ne mit pas longtemps à reconnaître chez le jeune homme des capacités littéraires remarquables et pour la première fois une référence le complimenta sincèrement.
 
Par la suite, Deubel permit à Louis Pergaud de faire ses premiers pas dans les milieux littéraires parisiens et la suite est connue...

 

 
Non seulement, sans ce village de Nans-Sous-Sainte-Anne, Louis Pergaud ne serait peut-être aujourd’hui qu'un anonyme, mais le thème de son célèbre roman, la guerre des boutons, ne serait peut-être pas le même.
C’est grâce à Nans qu’il prit résolument la décision d’écrire, comme c’est à Nans qu’il vécut ces bagarres rangées qui plus tard l’inspireront.
[...]
 
Il y reviendra volontiers  plusieurs fois par la suite:
 

 

 
Jusqu’à sa mort sur le front en 1915, un souvenir trônait au salon de la maison Pergaud : une belle assiette provenant de la faïencerie imprimée en son centre d’une photo de la source du Lison.
On a peine à imaginer la valeur qu’elle représentait pour lui.
 
Après la «grande» guerre qui brisa l’élan littéraire de l’écrivain, Eugène Chatot se remaria avec Delphine, sa veuve de seconde union, et avec l’aide de Jules Carrez (père de Gilbert) et de  Joseph Chenevez créa l’Association des Amis de Louis Pergaud.

 (Voir précédent  Épisode 3 )                                         

Article publié le Mercredi 11 Mars 2021

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