La Ferme du Gyps... (3)

 

 

La ferme du Gyps...

 

Nans sous sainte Anne

-3-

Bonjour Emma, tout va bien?

- Oui, enfin non, c’est le Célestin il est bien mal.

- Oh, je suis navrée, qui est Célestin?

- Le cafetier de l’hôtel des sources.

- Oui, je l’ai vu hier.

- Le docteur a dit que c’était le cœur, mais au village, on raconte qu’il a vu un fantôme.

- Voyons Emma, les fantômes n’existent pas.

- Si vous le dites, mademoiselle, si vous le dites.

- Dites-moi, Emma, connaissez-vous une certaine Zélie au village?

- Non, ce nom ne me dit rien, je ne pense pas qu’elle habite ici, mais avec la taillanderie, il y a beaucoup de nouveaux au village, et avant il y avait aussi tous ceux qui venaient pour travailler aux faïenceries, certains ne restaient pas longtemps, d’autres se sont installés ici.

- Bien, merci Emma, je crois que je vais faire une petite promenade dans ce joli village.
 

Paule descendit la rue et ses pas la conduisirent sur le pont du Lison. Elle l’avait remarqué depuis la terrasse de l’hôtel, après un grand champ, on pouvait voir la rivière et le pont de pierre qui l’enjambait.

Elle s’arrêta devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux, l’onde claire laissait entrevoir les galets qui jonchaient le lit de la rivière, les berges tondues opposaient leurs couleurs vertes à la limpidité de l’eau, un saule gris laissait ses branches se pencher vers le courant, l’eau venait frapper les piliers du pont en petits remous. Comme ce petit torrent avait l’air calme et serein!

Traversant le pont dans sa largeur, elle aperçut un petit escalier de pierre qui, venant de la cour de la maison, descendait au ras de l’eau, et l’on pouvait regarder les truites et les ombres nager . Sur le mur de cette belle maison, l’on pouvait lire en lettres peintes «  marchand de vin en gros », des rosiers grimpaient à l’assaut du balcon de la façade.

Elle reprit le chemin en sens inverse, elle devait trouver qui était Zélie.

Cette démarche élancée et légère le ramena en arrière.

Il revoyait cette même silhouette quelques années auparavant: Marie dans sa robe blanche traversait le village, les hommes étaient rassemblés devant la mairie. Elle stoppait net sa marche, marquait un temps d’arrêt, tournait la tête lentement vers l’homme qui blêmissait, le regard métallique le figeait sur place, le silence s’imposait comme une chape de plomb sur l’assemblée.

Ils avaient peur, ceux qui, par bravade, avaient cru échapper au destin, ceux qui coupables savaient que leur tour viendrait, et les autres craignant que les foudres de la Marie ne les entraînent dans les tourments.

Ils avaient vécu tant de drames que la peur les tenaillait.

Mais lui ne la craignait pas, il lui devait la vie.

Il accélère le pas, rattrape la silhouette, en soulevant son chapeau, il se présente:

- Jules Camuse, maître d’école du village. A qui ai-je l’honneur ?

- Paule.

- Enchanté, vous êtes en vacances mademoiselle Paule?

- Vous êtes bien curieux monsieur Camuse.

- Pardonnez mon impertinence, mais en vous regardant marcher de dos je vous ai pris un instant pour une personne que j’ai connue, c’est une personne à qui je dois beaucoup. Elle s’appelait Marie Louvière.

- Je ne connais pas cette Marie Louvière, pourriez-vous me parler d’elle ?

- Il y a quelques années, une épidémie a touché le village, et la médecine s’est trouvée incapable de l’enrayer.

Marie a sauvé beaucoup de gens, surtout les enfants et les femmes.

- Vous ne semblez être ni l’un ni l’autre, dit-elle avec une moue moqueuse.

- En effet, certains d’entre nous ont eu la chance de profiter de ses bienfaits, mais ce ne fut pas le cas pour tous.

- Et pourquoi cela ?

- Elle avait ses raisons. J’ai été nommé ici peu de temps avant l’épidémie, je ne pourrai pas vous en apprendre plus, mais allez voir Jeannette, la petite maison aux volets verts que vous apercevez à côté du nouvel hôtel de l’autre côté du grand verger.

- Oui, c’est là que je loge, merci, bonne journée monsieur.

-  Bonne journée mademoiselle.

Il traversa le pont du Verneau et se dirigea vers le bâtiment de l’école, son logement se situant à l’étage.

 

[...] À suivre: # La Ferme du Gyps

 

 

🔊: L'extrait d'aujourd'hui bientôt lu par Kali Retsuf ... mais en attendant....

 

 

La nouvelle " La Ferme du Gyps"  est publiée sur ce blog avec l'accord de l'Auteure/Éditrice du livre: Pascale FUSTER.

 

Avertissement

Tout ce qui est écrit est purement imaginaire à l’exception de la beauté des maisons et des sites naturels.

Toute ressemblance avec un individu existant ou ayant existé ne peut être que pure coïncidence.

Sont cités les noms de personnes célèbres qui ont acquis une notoriété publique.

Sont utilisées les images du domaine public.

Les noms de familles sont des lieux-dits du village.

« Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»

Année publication : 3 -ème trimestre 2020

ISBN : 978-2-9573108-0-7

 

Article publié le Lundi 4 juillet 2022...

Mis à jour le Mardi 5 Juillet 2022...

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