La Ferme du Gyps (16.2)...

 

La ferme du Gyps...

Disparition

( - 16.2 - )

Le lendemain, elles allèrent toutes deux à la cueillette, Marie rapporta des plantes que la fouine ne connaissait pas, elle les avait cueillies avec précaution.

En rentrant, elles se lavèrent soigneusement les mains et Marie lui nomma chaque plante, cependant, elle n’expliqua pas à quoi elles servaient. La fouine comprit et ne dit rien.

L’histoire de Paul fit bientôt le tour du village, la Faustine s’était pas pendue, ils étaient tous morts alors Marie était vengée, elle avait raison quand elle accusait, elle accepterait peut-être de soigner maintenant. L’espoir revenait au village. Quand Suzanne arriva à l’épicerie, on la pressa de questions. Suzanne acheta du sucre et partit sans répondre. Qu’aurait-elle pu dire, deux vies, deux malheurs, et pourquoi?

L’épidémie se déclara et le village fut touché de plein fouet. De trois cents habitants, il en resta cent,

cent âmes perdues dans ce coin de campagne.

La fouine et Marie avaient disparu.

La fouine n’était pas rentrée ce soir-là, Jeannette songea qu’elle était restée dormir chez Marie. Mais la seconde nuit d’absence l’inquiéta, ce n’était pas dans ces habitudes de ne pas la prévenir. Quelque chose de grave avait dû arriver, elle envoya un de ces garçons au Gyps, il revint en disant que la porte était ticlée et qu’il n’y avait personne.

Jeannette partit à sa recherche dans le village, mais personne ne l’avait vue ou même aperçue. Décidément cette gamine lui ferait tourner les sang. Où diable avait- elle bien pu aller?

Le troisième jour, le village comprit que la disparition de la fouine était anormale. Même les taillandiers n’avaient vu ni la petite ni même Marie. Depuis trois jours, la cheminée ne fumait plus.

Le maire réunit les habitants devant la mairie et organisa les recherches, chaque groupe avait un secteur à fouiller. Il insista pour que les recherches se concentrent sur le Verneau et envoya même un des hommes ramper dans la source, rien, ils ne trouvèrent rien, juste du sang sur les roches. Marie et la fouine avaient disparu. Le bruit a couru alors au village que Marie avait tué la fouine pour l’empêcher de les sauver.

- Voilà , dit Zélie, maintenant tu sais toute l’histoire. Elle se leva péniblement et se dirigea vers le buffet, elle revint avec un portrait qu’elle tendit à Paule.

- C’est Marie? interrogea Paule.

- Non répondit Zélie, c’est Faustine ta grand-mère.

 

 Paule le prit en hésitant, lorsqu’elle regarda le portrait elle eut un choc, l’impression de se regarder dans un miroir. Levant les yeux elle reconnut le même regard acier dans les yeux de Zélie.

- Tu lui ressembles Paule, c’est pour ça que le Célestin a eu un choc, c’est qu’il l’a aimée ma Faustine.

Trouve la fouine, Paule, il faut savoir pour Marie.

- Mais ils disent qu’elles sont mortes, opposa Paule.

- Non petite , pour Marie je ne sais pas, mais la fouine  ça pour sûr que nan.

- Comment cela, je ne comprends pas, enchaîna Paule.

- Vois-tu, elles ont disparu le vingt et un juin. L’année suivante à la même date, les eaux du Verneau de la source jusqu’à l’école où il rencontre le Lison, hé ben, ces eaux étaient rouges comme le sang. C’était impressionnant, et pas naturel du tout.

L’année suivante, il fallut que les hommes poussent les charrues car tous les bœufs et les chevaux avaient des coliques. Tous, sauf Mignon, qui lui allait bien.

L’année d’après, on trouva dans tous les poulaillers du village les poules mortes, aucune n’en avait réchappé.

On aurait dit qu’une étrange maladie les avaient frappées. Mais à la taillanderie, le coq chantait.

L’année suivante, toutes les truites et les ombres du Lison étaient sur le dos. Elles flottaient à la surface le ventre en l’air.

L’année d’ après, toutes les eaux se sont couvertes d’une sorte d’écume, le Lison, le Verneau, le bief

Sarrazin, le bief du Fourre, le pré Pin, le bief de Vaux, tous, sauf l’Archange.

Puis, ce furent les fruitiers qui desséchèrent sur pied et la vigne qui prit la maladie. Chaque année, à la même date, un nouveau fléau s’abattait sur le village.

Et ça, c’est sûr, c’est de la fouine que c’est venu, elle était une gamine espiègle, ça lui ressemble bien.

Trouve-la. Petite, c’est bientôt la date, trouve-la. C’est pour ça que je t’ai fait venir.

Quand Paule quitta Zélie, elle était encore perturbée par le récit de sa grande tante, elle découvrait tout un pan de son histoire et aussi qu’elle avait une famille, du moins ce qu’il en restait.

Au moment de monter dans la Stutz, elle regarda la campagne autour d’elle, avec le désagréable sentiment d’être épiée.

Paule, rejoignant son hôtel, monte directement dans sa chambre, elle s’installe à la petite table qui fait face à la fenêtre et écrit une longue lettre à son ami Marcel.

Elle lui relate tout ce que Zélie lui a appris, et conclut qu’elle a bien fait de suivre son instinct en venant à Nans sous sainte Anne, elle a décidé de retrouver la fouine afin de savoir ce qu’il était advenu de sa mère.

Elle ira poster sa lettre demain.

Elle se couche en proie à ses pensées et son sommeil est peuplé par des visions de morts et de flammes.

[...]

🔊: L'extrait d'aujourd'hui bientôt lu par Kali Retsuf ... mais en attendant....

 

À suivre:   # La Ferme du Gyps

 

La nouvelle " La Ferme du Gyps"  est publiée sur ce blog avec l'accord de l'Auteure/Éditrice du livre: Pascale FUSTER.

 

Avertissement

Tout ce qui est écrit est purement imaginaire à l’exception de la beauté des maisons et des sites naturels.

Toute ressemblance avec un individu existant ou ayant existé ne peut être que pure coïncidence.

Sont cités les noms de personnes célèbres qui ont acquis une notoriété publique.

Sont utilisées les images du domaine public.

Les noms de familles sont des lieux-dits du village.

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Année publication : 3 -ème trimestre 2020

ISBN : 978-2-9573108-0-7

 

Article publié le Mercredi 23 Novembre 2022...

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