" Ce sont les rêveurs qui font changer le monde, les autres n'ont pas le temps pour ça..." (Albert Camus)

Le désir: Lorsque l'enfant était enfant (...)

< J-3:

 

"Das Lied vom Kindsei" ("Lorsque l’enfant était enfant")

 

Lorsque l’enfant était enfant,

Il marchait les bras ballants, Il voulait que le ruisseau soit une rivière

Et la rivière un fleuve, Et que cette flaque d’eau soit la mer.

 

Lorsque l’enfant était enfant,

Il ne savait pas qu’il était enfant, Pour lui, tout avait une âme

Et toutes les âmes n’en faisaient qu’une.

 

Lorsque l’enfant était enfant,

Il n’avait d’opinion sur rien, Il n’avait pas d’habitude

Souvent, il s’asseyait en tailleur, Partait en courant,

Il avait une mèche rebelle, Et il ne faisait pas de mines quand on le photographiait.

 

Lorsque l’enfant était enfant, vint le temps des questions comme celles-ci :

Pourquoi est-ce que je suis moi et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi ?

Pourquoi est-ce que je suis ici et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs ?

Quand a commencé le temps et où finit l’espace ?

La vie sous le soleil n’est-elle rien d’autre qu’un rêve ?

Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens, n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?

Est-ce que le mal existe véritablement ?

Est-ce qu’il y a des gens qui sont vraiment mauvais ? Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant que je le devienne, je ne l’étais pas,

Et qu’un jour moi qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?

 

 Lorsque l’enfant était enfant, Il s’est réveillé un jour dans un lit qui n’était pas le sien, Et maintenant, ça lui arrive souvent.

Beaucoup de gens lui paraissaient beaux Et maintenant, avec beaucoup de chance, quelques-uns.

 

Lorsque l’enfant était enfant, Le jeu était sa grande affaire Et maintenant, il s’affaire comme naguère

Mais seulement quand il s’agit de son travail.

 

Lorsque l’enfant était enfant, Les pommes et du pain lui suffisaient comme nourriture,

Et c’est toujours ainsi. […]
 

Au sommet de chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore, Et c'est toujours ainsi.
Un inconnu l'intimidait,
Et c'est toujours ainsi.


Il attendait la première neige et toujours il l'attendra.

Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme un javelot,
Et il y vibre toujours.

Peter Handke

Le poème  est dit par: Mariella Mangano

Ce  poème est publié dans le cadre  des premières:

RENCONTRES  POÉTIQUES VIRTUELLES du Lison  et + si Affinités (...?)

 

La Photo de couverture de  cet article est l'œuvre de Joy Eau..

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Pour voir tous les Poèmes de l'édition 2021 publiés sur Vivranans:

#Le désir

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